LE MONDE intoxiqué par les OGM ?

Publié le par VIGILANCE OGM 33

LE MONDE intoxiqué par les OGM ?


Concernant l'article de Gilles Van Kote« SUR LA PISTE D’UN RIZ RESISTANT AUX CHOC CLIMATIQUES » publié le 12 décembre 2012 suite à un voyage aux Philippines à Los Banos à l’Institut International de Recherche sur le Riz (IRRI), installé depuis 1960 et où travaille des centaines de chercheurs sur 252 hectares. http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/11/sur-la-piste-d-un-riz-resistant-aux-chocs-du-climat_1804474_3244.html#reactions

Vous nous informez que c’est ici que l’équipe de Glenn Gregorio effectue la sélection de variétés de riz résistantes à la salinité, sécheresse, inondations, températures extrêmes et qu’ils rêve « d’un riz tout en un » .

Et vous nous apprenez que ces essais sont faits après avoir localisé « chez certaines variètés anciennes de riz »  une région du génome du riz  contenant les gènes de résistance à la salinité, à la submersion , à la sécheresse .

 Puis vous nous apprenez que « la culture du riz a comme inconvénient de favoriser la multiplication des mauvaises herbes » et Benoit Cleget, éco physiologiste français, détaché par le CIRAD de conclure : « nous faisons des essais en utilisant des pesticides et du mais MONSANTO» avant de lâcher, comme un cheveu sur la soupe que « l’Asie doit un jour se poser sérieusement la question d’une conversion massive à la culture du maïs ».

 Une pleine page dans le Journal Le Monde pour transmettre à vos lecteurs si peu d’informations sur des sujets aussi sensibles que sont les technologies du vivant et les modèles agronomiques qu’elles sous-tendent m’a paru ne pas devoir rester sans réaction. Il est vrai et c’est maintenant de notoriété publique, que la parole libre concernant ces sujets sont de plus en plus menacés par les intérêts économiques qu’elles remettent en question comme le démontre si bien Hervé KEMPF, écrivain et journaliste au monde dans son livre « la guerre secrète des OGM ».

 Pourtant, à l’heure où  les plantes transgéniques font débat, où l’on se demande si cette technologie est bien  ou mal maitrisée, bien ou mal évaluée,  il aurait été judicieux de profiter de ce lointain déplacement en terre d’Asie ( sur laquelle 3 milliards de personnes se nourrissent avec du riz) pour rapporter une moisson d’avis de personnes d’horizon divers ayant une expérience personnelle de la problématique de la culture du riz en complément de votre visite à L’IRRI et nous permettre, afin d’enrichir le débat sur la controverse des OGM,  d’avoir des avis ou des  réponses aux questions que beaucoup de personnes se posent à savoir :

- D’où proviennent ces variétés anciennes sur lesquelles les gènes sont extraits ?

 - Ces variétés anciennes détenues par l’IRRI sont-elles en libre accès?

 - Pourquoi inventer un riz génétiquement modifié alors qu’il existe déjà des variétés de riz anciennes à même de résister à l’inondation, la sécheresse et la salinité ?

- L’IRRI, avant de déposer des brevets sur les riz génétiquement modifiés,  s’est-elle posée la question centrale par rapport à la commercialisation de ses brevets: qui est vraiment l’inventeur de la graine ? Est-il légitime de dire cette graine est à moi, alors que cet élément du vivant existe sur la terre depuis des millions d’années, avant même l’apparition de l’homme sur la terre, il est arrivé jusqu'à nous en enrichissant son patrimoine génétique, saison après saison, division cellulaire après division cellulaire, cataclysme après cataclysme et il  est  à ce jour composé de plusieurs millions de gènes. Certaines plantes comme l’orge comportent plus de gènes que le génome de l’être humain …

 -Est-il normal de s’approprier une graine sous prétexte que l’on a introduit quelques gènes au milieu de millions d’autres. Pour le dire différemment, accepterions nous qu’une entreprise puisse s’approprier un livre de Victor Hugo, composé de millions de mots sous prétexte que quelques mots auraient été modifiés ou supprimés ou remplacés ? A quant les  VICTOR-HUGO-MON 634 ?

 -l’IRRI considère-t-elle normal de s’approprier un patrimoine semencier alors qu’il était en libre circulation entre les paysans depuis des milliers d’années ?

- L’utilisation des pesticides dans les rizières pour détruire les mauvaises herbes ne les rendent-elles pas toxiques ?

 - Ces riz génétiquement modifiés répondent-ils vraiment, après récolte, au Cahier des Charges pour lesquels ils ont été vendus, à savoir « augmentation des rendements, résistance aux maladies, sécurité alimentaire et certifiés indemne de tout parasite ». Le suicide de paysans indiens par l’absorption de round-up, herbicide vendu par MONSANTO, devrait nous interpeller quant à la véracité de ces slogans publicitaires. (200 000 suicides depuis l’introduction du Coton BT selon le ministère de l'intérieur de l'Inde).

 - Quelles ont été les conséquences de ces cultures en champ libre par rapport aux autres variétés cultivées ? Comment sont gérés les risques de contamination par pollinisation sur les variétés locales, sachant qu’au dessus des grandes cultures de maïs, le pollen peut se retrouver jusqu’à 1800 mètres d’altitude ?

 - Afin de pouvoir appréhender les résultats de l’IRRI et de comparer des choses comparables, y-a-t-il aux Philippines des expériences alternatives de paysans donnant des résultats équivalents voir supérieurs sans recours aux plantes génétiquement modifiées de l’IRRI ?

 - Sachant que l’introduction des gènes à l’intérieur de la cellule n’est en rien « chirurgicale » mais au contraire « bidouillé » avec la technique du bombardement du noyau par des milliers de gènes en espérant que l’un d’entre eux aura l’opportunité de franchir la barrière du noyau, l’IRRI a-t-elle amélioré les techniques d’implantation des gènes à l’intérieur du noyau afin de s’assurer que ceux-ci se positionnent sur la chaîne de l’ADN sans perturber l’équilibre des autres gènes, responsable dans la plupart des cas de l’inefficacité de la plante en plein champ mais pourtant vendue comme performante par les multinationales de la semence ?

 -Les plantes génétiquement modifiées de l’IRRI sont-elles vendues stériles aux paysans afin d’éviter qu’ils n’utilisent les semences pour leurs prochaines cultures comme cela est imposé chez MONSANTO et qu’ils soient obligés de s’endetter pour racheter graines et pesticides pour l’année suivante ?

 - Ces semences génétiquement modifiées sont-elles conçues avec des gènes toxiques pour tuer les insectes et des gènes rendant la plante tolérante aux herbicides, ceux-ci étant déversés sur le champ de culture non seulement pour tuer les éventuelles « mauvaises herbes » mais aussi pour déclencher la croissance de la plante une fois l’herbicide ( round-Up – Liberty )  absorbé par la plante?

 -La perturbation de l’équilibre génétique et physiologique de l’ADN après pénétration d’un gène à l’intérieur du noyau de la cellule est-elle un sujet de recherche au sein de l’IRRI ?

 - Comment l’incidence de ces plantes génétiquement modifées sur la santé publique sont-elles évaluées avant mise sur le marché mondial et par qui?

 - L’IRRI donne-t-elle accès aux tests qu’elle réalise ou bien cela relève-t-il comme chez MONSANTO du « secret industriel » ?

 -Comment se fait-il que des généticiens puissent encore rêver  au 21 ème siècle d’une variété de riz « tout en un » en connaissant les échecs avérés de la monoculture, sachant qu’un seul parasite a la possibilité de détruire 1 milliers d’hectares d’une même variété, alors que ce même parasite surgissant dans un éco-système riche de plusieurs variétés ne détruira qu’éventuellement qu’une seule ?

 - Comment peut-on proposer, à toute l’Asie, une seule variété de riz sans se scandaliser de ramener à un seul goût une cuisine millénaire sachant  que l’Inde est à l’heure actuelle riche de plus 17 000 variétés, soit autant de subtilités dans le goût?

 - D’où vient cette idée, totalement incongrue dans le contexte de l’IRRI, spécialisée dans la culture du riz, de vouloir nourrir toute l’Asie avec du maïs ?

 - Quel est le modèle agronomique que sous-tend cette idéologie de mainmise sur le vivant ?

 - Pourquoi l’IRRI a-t-elle choisie de s’implanter aux Philippines ? Cet état étant réputé non seulement pour son fonctionnement opaque mais aussi pour sa responsabilité dans le déclenchement des émeutes de la faim de 2008 suite à l’accaparement de toute la récolte de riz en provenance de Thailande afin de pouvoir spéculer sur le prix du riz, celui-ci passant en quelques mois de 200 dollars à 1200 dollars la tonne. La conséquence de cet évènement fut comme par hasard de démanteler le commerce local au profit des gros exportateurs.

  Il se peut que vous ayez posé ces questions aux personnes rencontrées et que vous ayez eu une fin de non recevoir à ces questions. Mais un journaliste en mission d’investigation peut-il se satisfaire d’un article sans controverse et nous présenter le travail de l’IRRI  indemne de tout soupçon, sans aucune faille dans ses dispositifs expérimentaux, sans faiblesse dans l’expérimentation et l’interprétation de leur résultats ?

 Il est dommage que vous n’ayez pas profité de votre voyage aux Philippines pour  rencontrer l’association  MASIPAG qui à travers un réseau d’organisations paysannes, d’ONG et de scientifiques, défend une agriculture écologique basée sur les connaissances traditionnelles des paysans. La valorisation des variétés de riz indigènes comme alternative aux sortes hybrides et OGM est un élément central de leur travail.  http://astm.lu/projets-de-solidarite/asie/masipag/

 Il est dommage que vous n’ayez pas profiter de votre voyage pour aller en Inde rencontrer Devinder SHARMA, ingénieur agronome, analyste des politiques alimentaires et commerciales et faisant partie du directoire Asia Rice Fondation.

Vous auriez alors appris que l’Inde possédait 100 000 variètés de riz avant les année 1960 et que le stock de variétés anciennes sur lesquelles l’IRRI prélèvent les gènes pour expérimenter ses variétés  provient de la collection du Professeur Rich Charia qui lui fut volée pour la transférer à l’IRRI aux Philippines, sous contrôle Fondation Rockefeller et Swaminathan.

Vous auriez appris que suite à ce rapt, le professeur Rich Charia ne s’est pas découragé et qu’entre 1971 à 1977, il redéveloppa une collection de 17 000 variétés de riz à Raipur dans l’état du Madhya Pradesh et qu’en 1977, la Banque Mondiale offrit une subvention de 3,5 millions de dollars pour un projet agricole dans le Madhya Pradesh, en échange de quoi le gouvernement Indien fermait le centre de Rich Charia qui, avec ses vieilles variétés de riz, faisait de l’ombre à IRRI/Rockefeller.

 Le scandale de cette histoire est non seulement d’avoir oser s’accaparer un bien patrimonial et universel, d’en interdire l’accès aux paysans et d’autre part de créer des catalogues de vente officiels sans présence de ses variétés  mais uniquement avec des variétés génétiquement modifiées, type F1 . Le « catalogue officielfrançais des espèces et variétés » participe de la même logique en ne proposant que des espèces protégées par un Certificat d’obtention végétale(COV) : ressemer des graines est aussi interdit.

 Il est dommage que vous n’ayez pas profité de votre voyage pour rencontrer Vandana SHIVA, physicienne, philosophe, à la tête de la commission internationale pour l’avenir de l’alimentation et de l’agriculture, Directrice de la Fondation de recherche pour la science, la technologie et la gestion des ressources naturelles.

 Elle vous aurait alors appris que les paysans ont sélectionné au fil des millénaires des dizaines de milliers de variétés adaptées à « tous les changements climatiques »  car les paysans n’ont pas attendu les multinationales pour utiliser des variétés résilientes et des variétés cultivées à sec, comme le rapportait en 1770 Thomas Bernard, ingénieur Britannique lors de son enquête dans le district de Chengalpattu, près de Madras, qui couvrait 800 villages.

Vous auriez alors pu vous étonnez que depuis 1960, l’IRRI a dépensé des milliards en mobilisant 1200 chercheurs pour créer deux /trois clones de riz alors que depuis des millénaires les paysans ( c’est quant même leur métier…)  avaient su sélectionner, gratuitement, et par la seule observation des meilleurs plans de l’année, au grè des microclimats  et des changements climatiques qui ne datent pas d’hier, 100 000  variétés adaptées aux conditions climatiques du moment , riz qui produisaient jusqu’à 9 tonnes/hectare, quasiment le double de l’optimum supposé des riz “miracle” de l’IRRI et sans aucun apport de pesticide ou de Roundup!

Vandana Shiva vous aurait raconté comment ils se sont battus pendant 11 ans contre les brevets que le gouvernement américain et des entreprises américaines voulaient déposer sur le « Neem », un des  arbres dont sa grand-mère déjà connaissait les propriétés insecticides.
Elle vous aurait aussi raconté comment actuellement ils se battent pour « sauver » leur riz basmati de cette emprise. Plus de 1500 brevets ont déjà été déposés sur des espèces agricoles  par les multinationales pour leurs « gènes de résistance au climat ».

Et elle vous aurait rappelé que depuis l'introduction du coton BT en Inde, 200 000 paysans indiens se sont suicidés en dix ans à cause de l'endettement incontournable pour acheter des semences transgéniques et pouvoir simplement planter et qui souvent leurs ont donné des récoltes médiocres.

Et vous auriez alors compris que ce que veulent les multinationales qui mettent en place ce système, c'est qu'il n'y ait plus aucune semence libre, c'est être propriétaires de toutes les semences disponibles pour obliger les paysans à les leur acheter. Et pour cela ils transforment les graines du vivant en les rendant stériles ou dégénérescentes ( voir scandales des semences F1) et rendent l’usage des semences traditionnelles illégal.

 Vous semblez totalement ignorer que les multinationales de la semence intentent des procès aux agriculteurs américains mais aussi dans le monde entier et depuis peu en France ( cf. procès de l’association KOKOPELLI )  qui souhaitent semer les graines issues de leurs précédentes récoltes et contre tous ceux et toutes celles qui souhaitent préserver le droit de semer librement des semences potagères et céréalières, de variétés anciennes ou modernes, libres de droits et reproductibles.

 Initiatrice en 1993 de la création de l’association « Navdanya » et d’un réseau de banques communautaires basées sur le don de semences ancestrales et parrainés par 70 000 paysans, Vandana Shiva réussi déjà à réunir 250 variétés de riz et 75 de blés. Il comportait des graines adaptées à toutes sortes de sols et climats, du fait de sélections effectués pendant des siècles par les paysans. « Ainsi Vandana avait pu venir en secours aux fermiers de régions frappées de catastrophes naturelles en leur apportant des graines adaptées. Les Paysans de l’Orissa, dont les terres avaient été recouvertes d’eau de mer suite à un cyclone, avaient reçu des semences capables de se développer dans les sols salés. Lorsqu’une sécheresse dévastatrice avait décimé les cultures du Bundelkhand, dans le Nord de l’Inde, ses habitants avaient eux aussi pu bénéficier des dons de Navdanya, qui possédaient des graines adaptées aux climats secs. Après les inondations, les paysans du Bihar avaient également eu accès à des semences dont les propriétés étaient compatibles avec des sols gorgés d’eau.» (Vandana Shiva-Victoires d’une indienne contre le pillage de la biodiversité-page 124- Lionel Astruc/ed Terre Vivante).

 Quant à l’usage des pesticides pour remédier à la présence des mauvaises herbes, Vandana Shiva vous aurait fait rire en vous rapportant qu’avant en Inde il y avait des grenouilles et des poissons dans les rizicultures et qu’en ce moment même au Japon, il y a des paysans qui cultivent le riz avec des canards qui mangent les mauvaises herbes, les insectes et fertilisent le riz avec leur fiente, apportant un rendement supérieur de 20% par rapport aux rizicultures industrielles.

 Il est dommage que vous n’ayez pas profité de cette pleine page pour nous informer  de l’implication de l’IRRI dans l’achat de millions d’hectares de bonnes terres arables en Afrique par l’Arabie Saoudite afin que ce pays puisse se positionner et spéculer sur le marché mondiaux des graines. http://www.grain.org/es/article/entries/193-le-cgiar-implique-dans-l-accaparement-des-terres-au-niveau-mondial.

Profitons de cette incursion en Afrique pour parler de l’AGRA “Alliance for a Green Revolution in Africa”. D’après l’organisation GRAIN,  « L’AGRA cherche à remplacer les semences que les agriculteurs africains ont soigneusement développées pour leurs fermes et leurs cultures, par des variétés adaptées aux monocultures industrielles. Ces semences ouvriront la voie à l’industrialisation des cultures alimentaires africaines, laissant le champ libre à l’introduction et à la domination de l’agrobusiness. »

Ainsi nous aurions compris que, quel que soit le continent, une des raisons pour lesquelles la faim dans le monde progresse au rythme de la conquête des terres agricoles par des états étrangers et des multinationales , est l’exil de millions de paysans, chassés de leur terre vers les périphéries des grandes villes pour y croupir.

Ainsi, l’aggravation de la faim dans le monde qui soucie tant les chercheurs de l’IRRI est la conséquence de cette politique planétaire des grands groupes semenciers qui achètent par millions des hectares sur lesquels vivaient depuis des millénaires des paysans.

 Aujourd’hui comme le déclare Devinder Sharma, le système agricole actuel , appliqué à grande échelle, contraint les paysans à quitter leur terres pour faire place à l’industrie et les obligent à migrer vers les mégalopoles. Son analyse le conduit à anticiper les phénomènes migratoires en projetant que 400 millions de paysans en Inde seront des réfugiés de l’agriculture.

 Ce que l’on s’aperçoit à travers le remplacement d’une agriculture ancestrale par une agriculture industrielle est un transfert de richesse, répartie à l’origine entre toutes communautés paysannes pour aboutir au final à la concentration de cette même richesse entre les mains de quelques uns et ayant pour conséquence l’appauvrissement de milliers de paysans. Cette richesse était constituée de terres, de savoir faire et de graines. Au final le transfert est total : les paysans ont perdu leurs terres, leurs savoirs-faires et leurs semences.

Or un processus économique équilibrée n’est pas un transfert de richesse mais la création d’une richesse supplémentaire qui bénéficie à l’ensemble des acteurs économiques. Ici l’on assiste à un simple transfert sans création de nouvelles richesses puisque l’on a perdu de la biodiversité par la confiscation des semences , on a perdu des emplois pérennes par centaines de millions transformés en réfugiés de l’agriculture, on a perdu de la sécurité alimentaire puisque ces millions de réfugiés ne mangent plus à leur faim et on est en train de perdre la sécurité des villes par l’arrivée de foules affamées prêtes à tout pour survivre.

Voilà se qui se cache dans la transformation de l’agriculture.

Il y a donc urgence à coupler le débat sur le modèle agronomique avec le débat sur un modèle de développement en ayant à l’esprit que celui qui détient la propriété de la semence détient le contrôle de toute la chaîne alimentaire qui devient alors une arme plus puissante que tout arsenal militaire puisqu’il contrôle la vie sur terre.

 Voilà pourquoi je n’ai pas compris comment l’on peut traiter un sujet si explosif aux enjeux aussi graves en vous contentant d’admirer les prouesses technologiques des serres dont le toit s’ouvre mécaniquement, de converser avec deux trois chercheurs en admirant le coucher de soleil, faire un petit tour à l’IRRI et puis s’en vont … 

Comme le rappelait recemment Carl Zimmer du New York Times, « faire un article unidimensionnel revient à se faire manipuler » .

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