Loi OGM Débats au Sénat le point de vue de M.C. Blandin

Le débat du projet de loi sur les OGM au Sénat a été encore plus verrouillé que nous ne pouvions
 le craindre.
Au sortir du Grenelle les préconisations de l'intergroupe OGM avaient de l'allure, mais elles étaient
déjà doublement hypothéquées :
- par l'activisme de Marion GUILLOU et d'une majorité de l'INRA, renvoyant la caricature de
l'obscurantisme des anti-OGM face à la liberté de la recherche.
- par le départ des négociations des agriculteurs FNSEA et Chambres.

Les lobbies semenciers et les coopératives ont fait le reste, sur un climat revanchard de la majorité
sénatoriale peu encline à apprécier les frasques, de SARKOZY, rejetant d'un même mouvement
d'humeur Carla BRUNI et le Grenelle.
Enfin nous nous sommes trouvés face à un gouvernement en tension entre BARNIER et BORLOO -
KOSCIUSKO, au point que dans la nuit la clause de sauvegarde a failli partir du ministère de
l'agriculture avec un vrai-faux argumentaire développant les risques pour la santé (or les études
sont quasi inexistantes et l'Europe aurait rejeté). Un rattrapage : de dernière minute de l'environnement
a permis de faire partir avec le bon argumentaire sur les atteintes aux écosystèmes.

Le texte de loi avait été élaboré sans concertation, contrairement aux engagements du Grenelle,
et était déjà entaché d'insuffisances et d'affirmations incompatibles avec la liberté du consommateur
et celle du producteur :
- hérésie de l'affirmation << le droit de consommer et de produire avec ou sans OGM >> qui renvoie
dos à dos les deux pratiques, comme si l'existence de l'une en plein champ ne portait pas en elle-même
 la condamnation de l'autre.
- dédouanement des semenciers et distributeurs pour ce qui est des responsabilités.
 Mais c'est le rapporteur BIZET qui fut le plus destructeur, avec de nombreux amendements validés
par la commission, tous au service de la promotion des OGM en plein champ et de leur diffusion sans
aucune entrave.avec ses avis négatifs sur tous les amendements verts, socialistes, communistes... et
du gouvernement, allant dans le sens du développement durable.
C'est la première fois que l'on voit une majorité aussi aveuglément soudée autour d'un rapporteur
contre le gouvernement, dont la copie n'était pourtant pas assez environnementale et sociale à notre
goût.
 Je pèse mes mots quand je dis aveuglement, tant les trésors de conviction, par la science, par
l'expérience chiffrée, par le bon sens, que les Verts ont tentés de développer ses sont heurtés à un mur.

 Quelques exemples :

- le refus de CLIS (motif : cela va faire penser au nucléaire et faire peur) l'aggravation des peines pour
les faucheurs, sans doute négociée en échange de la transparence.
- l'abracadabrantesque rédaction du rapporteur << le droit de produire et de consommer des OGM...
ou de ne pas le faire >>. Monsieur est trop bon !
- la non reconnaissance des droits de l'exploitant préexistant, associée au refus de transparence locale
de l'information quelques amendements plus tard.
 Jacques MULLER, avec la foi du charbonnier, a défendu jour et nuit, pied à pied, nos positions, en
vain sauf pour la souhaitable mention des apiculteurs.

Jean DESESSARD a milité haut et fort pour revendiquer la légitimité des luttes des faucheurs,
comme hier les occupations d'usines.
J'ai fait appel à la défense du bien commun (la diversité génétique) des agriculteurs bio (alors que l'on
en a besoin, on va les sacrifier).
J'ai oscillé entre description du pedigree de MONSANTO (agent orange, 4 millions de morts...) et
appel à la raison (si une boîte de nuit bruyante vient s'installer à côté d'un lotissement de personnes
âgées, ce n'est pas à ces derniers que l'on demande de déménager), rien n'y a fait : l'esprit 
frappeur de la manipulation génétique s'était aliéné toutes les têtes UMP.

Le Sénateur LEGRAND, humilié par son propre camp, n'était plus écouté par personne et fut même
victime d'un amendement ciblé contre sa présidence de la Haute autorité : nominativement ses
collègues avaient alignés leur signature pour dire que la présidence devait revenir à un scientifique !

Il a quitté l'hémicycle dès le premier jour.

Début avril le texte arrive à l'Assemblée Nationale, en navette normale.

Tout est à revoir. Même les sondages (72 % des français estiment important de pouvoir ne pas
consommer d'OGM. Et 77% se félicitent de l'interdiction du MONSANTO 810) n'ont pas ébranlé 
les Sénateurs. Pour notre part, nous avons mis des moyens exceptionnels pour une triste moisson :
plus que jamais il est temps d'aller interpeller les candidats UMP !

 MC Blandin