Utilisation des organismes génétiquement modifiés : La société civile met les pieds dans le plat

Utilisation des organismes génétiquement modifiés : La société civile met les pieds dans le plat
Alors que la communauté scientifique de la Ummah est pour le recours aux Organismes génétiquement modifiés (Ogm), la société civile, par la voix de la présidente du Congad, Woré Gana Seck, sort des sentiers battus. Et sans rejeter l’utilisation de ces produits, elle invite à plus de prudence. Une posture qui nécessite des préalables comme l’équipement de nos pays en laboratoire d’analyse des produits d’importation.

La présidente du Consortium national des organisations non gouvernementales (Congad), Woré Gana Seck, a jeté le pavé dans la mare des défenseurs des Organismes génétiquement modifiés (Ogm). Elle a profité de la tribune du séminaire sur la biosécurité et le renforcement des capacités nationales dans la Ummah pour asséner ses vérités à la communauté scientifique. ‘Nous ne sommes pas contre les Ogm, mais nous réclamons des moratoires pour nous permettre d’expliquer. Et pour ce, il nous faut des laboratoires, le transfert des connaissances’, se défend Mme Seck qui met en garde les chercheurs contre toute manipulation génétique tous azimuts. Certes, elle reconnaît qu’il y a eu des avancées significatives dans le domaine de la biotechnologie en matière d’utilisation des micro-organismes comme les arbres qui fixent l’azote, qui produisent du phosphore pour améliorer la fertilité des sols, mais, déclare-t-elle, les Ong ont le droit de dire que, dans le cadre du principe de la souveraineté alimentaire, les pays doivent assurer la sécurité sanitaire des aliments. Et pour cela, ils doivent, au préalable, s’équiper en laboratoires à même de contrôler les importations des différents produits pour voir quels sont les organismes génétiquement modifiés qui sont à l’intérieur et quels sont les risques liés à la consommation de ces produits de la biotechnologie moderne. Une biotechnologie où on prend des gènes de luciole, de poisson pour les mettre dans des fraises. Où on fait des manipulations génétiques dans des laboratoires sans certaines précautions.

Mme Seck a cité, par exemple, la technologie ‘Terminator’. Une trouvaille des grandes multinationales où la semence ne garantit qu’une seule génération. ‘Vous achetez votre semence chez la multinationale, vous plantez, vous récoltez et ça s’arrête là ’, se désole celle qui préside aussi aux destinées de la plate forme des huit Consortium des Organisations non gouvernementales de l’Afrique de l’ouest et du centre. Ce qui crée une certaine dépendance des paysans pauvres vis-à-vis de ces puissantes multinationales de semences. En la matière, soutient-elle, il faut que les pays soient autonomes pour produire et avoir accès librement à ces produits.

Elle a également battu en brèche la thèse de la lutte contre la faim brandie par les partisans des Ogm pour promouvoir ce produit. Et à ce sujet, elle révèle qu’il y a assez de nourriture à travers le monde. Mais seulement, à cause d’un commerce international mal contrôlé et d’un manque de solidarité, une bonne partie de cette production est jetée à la mer. Et de son avis, on n’a pas besoin de créer de nouvelles variétés de semences par des manipulations génétiques. Mais d’une régulation du commerce international pour que les gens mangent à leur faim à travers le monde.

Ibrahima DIAW