CAMPAGNE NATIONALE SUR LA BIODIVERSITÉ ET LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE

CAMPAGNE NATIONALE SUR LA BIODIVERSITÉ ET LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE. Les acteurs de la société civile informés

Dans le cadre de la campagne pour la protection de la diversité biologique et la défense de la souveraineté alimentaire au Niger, l’Ong Swissaid, en partenariat avec plusieurs organisations de la société civile, a organisé du 27 au 29 février dernier, des journées d’information et de formation à l’endroit des journalistes, animateurs de radios communautaires et acteurs de la société civile, sur la biodiversité, la souveraineté alimentaire, la biotechnologie et le génie génétique, les organismes génétiquement modifiés (OGM) et les droits des communautés.

C’est une quarantaine de participants en provenance des huit régions du pays qui ont pris part à ces journées qui se sont déroulées au centre de documentation de l’Association nigérienne pour la défense des droits de l’Homme (Anddh). L’objectif de ces journées est, selon le Coordonnateur de Swissaid Niger, M. Almoustapha Moumouni, de vulgariser les concepts liés à la biodiversité, à la souveraineté alimentaire et aux OGM, de mettre en évidence les rôle et interaction entre les différents éléments de la biodiversité, les risques et conséquences de rupture de l’équilibre de la biodiversité mais aussi les menaces humaines et naturelles sur la biodiversité. Ces journées ont permis de sensibiliser les participants sur les droits des citoyens et des communautés ainsi que les engagements du Niger sur les droits humains en général, sur la souveraineté alimentaire et la biodiversité. Pour atteindre cet objectif, plusieurs thèmes aussi riches que variés ont été exposés par d’éminents conférenciers. Ces thèmes se déclinent ainsi : « Etat des lieux de la diversité biologique au Niger », présenté par le colonel Boukar Attari, du Conseil national de l’environnement pour un développement durable ; « Gestion de la biodiversité agricole au Niger » par Dr Baina, chercheur à l’INRAN ; « Les instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux relatifs à la biodiversité et à la biosécurité », présenté par Dr Narey Oumarou, enseignant chercheur de droit public à l’université Abdou Moumouni de Niamey ; « Bio-technologie et biosécurité : processus d’obtention des OGM, enjeux et risques », présenté par Dr Baragé Moussa, biotechnologiste à la Faculté d’Agronomie, constituent entre autres thèmes développés lors des trois jours de formation. Des échanges et débats fructueux, sanctionnés par une déclaration rendue publique par les participants pour marquer leur rejet des OGM dans l’agriculture et l’alimentation, appeler l’Etat à soutenir les organismes nationaux de recherche et favoriser la formation des ressources humaines nationales compétentes, annoncer le plaidoyer contre les OGM...

Il ressort de ces différentes communications que l’introduction des OGM dans les domaines de l’agriculture et l’alimentation est une catastrophe humaine. C’est pourquoi, de partout, les organisations paysannes et celles de défense des consommateurs disent non aux OGM. Parallèlement, dans les pays du Sud et particulièrement en Afrique, une immense campagne pour l’imposition du gé-nie génétique dans l’agriculture notamment, est menée par des multinationales afin d’aboutir à une privatisation des ressources génétiques, dans le seul but de l’accumulation du profit. Le Niger n’est pas épargné ! La logique de recherche du profit, conduit les multinationales du gé-nie génétique jusqu’à influencer les politiques de certaines coopérations bilatérales et multilatérales, qui à leur tour doivent influencer les politiques agricoles régionales, sous régionales et nationales du sud, sous menace de la rupture de l’aide au développement. La société civile africaine et nigérienne en particulier doit être suffisamment outillée pour s’opposer efficacement à la pénétration insidieuse des OGM et demander la revalorisation et l’amélioration des ressources locales. « Des études menées par des organisations de défense des droits des consommateurs et des producteurs, il ressort d’innombrables risques et dangers qui entourent les OGM. Ces risques et ces dangers suffisent à nos yeux pour que les pays africains et le Niger rejettent les OGM », a conclu M. Almoustapha. Par ailleurs le co-mité de campagne sur la biodiversité et la souveraineté alimentaire organise les 8 et 9 mars des Journées d’information destinées d’une part aux chefs traditionnels et leaders religieux, et d’autre part aux leaders politiques. Mahamadou Diallo