Destruction d'essais de vigne transgénique
C’est à l’aide d’un sécateur que Pierre Azelvandre, docteur en biologie, militant anti-OGM et anti-nucléaire, a saccagé ce matin, peu après 6 h, une parcelle située à l’arrière des bâtiments de l’INRA.
Cet habitant d’Ingersheim, connu en Alsace pour ses nombreuses actions anti-OGM auprès du tribunal administratif, s’est ensuite rendu dans à la rédaction de L’Alsace à Colmar pour expliquer son geste. « Je souhaite que le débat public ait lieu ». Pour lui, les essais menés par l’INRA n’ont pas de fondements scientifiques. Il dénonce « la légèreté » avec lesquels ces essais sont menés à Colmar.
L’auteur n’a pas eu de difficultés pour s’introduire jusqu’à la parcelle. « Les projecteurs n’étaient pas allumés et aucun détecteur n’a signalé ma présence. J’ai pu faire ce que je voulais ». Pierre Azelvandre s’est rendu volontairement au commissariat de police dans l’après-midi.
Pour l’heure, Jean Masson, président de l’INRA, ne s’est pas encore exprimé sur le sujet. Les 70 porte-greffes génétiquement modifiés de vigne plantés en plein champ — une première en France — faisaient notamment l’objet de recherches sur le court-noué, maladie dégénérative transmise d’un cep à l’autre par un ver, le nématode.
Pour l’Association des viticulteurs d’Alsace, cette destruction « casse plusieurs années de travail », regrette Gérard Boesch. « La profession a un intérêt à connaître les mécanismes d’auto-défense de la plante en proie au court-noué ».
J.D
La Confédération Paysanne d'Alsace salue la détermination de Pierre Azelvandre dans son acte de destruction des plants de vignes transgéniques de l'INRA de Colmar.
La Confédération Paysanne d'Alsace est solidaire de la motivation de Pierre Azelvandre "Je veux que le débat public ait bien lieu" concernant les organismes génétiquement modifiés.
La Confédération Paysanne d'Alsace est sortie du comité de soutien du suivi de l'essai et a manifesté son opposition lors de la plantation des vignes transgéniques en extérieur à l'INRA de Colmar.
Elle a réintégré le comité de suivi lorsqu'il a été question de mettre en place des essais de traitements alternatifs aux maladies de la vigne.
La Confédération Paysanne d'Alsace tolère la recherche transgénique en milieu confiné mais s'oppose vigoureusement aux essais de plein champ.
Gageons que la situation nouvelle, créée par cette destruction d'organisme génétiquement modifié, permette de rétablir l'ordre logique des décisions:
choix technologiques par la société civile puis mise en application par les scientifiques.
Le Porte Parole Régional de la Confédération Paysanne d'Alsace
Rémi Picot
Tél: 03 88 72 54 21