OGM: pour en revenir au fond sur la question

Publié le par VIGILANCE OGM 33

Communiqué  de Gilles Lemaire, ( Confédération paysanne, ne pas confondre avec l'ancien ministre de l'Agriculture).

 

 

Je  pense utile de rappeler les raisons pour lesquelles nombre de citoyens se sont engagés avec le mouvement des faucheurs volontaires et au côté de la Confédération Paysanne dans les neutralisations d'essais de maïs transgénique en plein champ depuis 2003. Cet engagement d'ailleurs a valu à beaucoup de militants des condamnations répétées à des peines de prison avec sursis, à de lourdes amendes et à des dommages et intérêts au profit des firmes internationales agro-alimentaires (Syngenta, Monsanto, Pionner et la française Limagrain)

Le premier enjeu est démocratique. Au nom de quoi, des députés et un gouvernement élus dans un débat général mais sans aucune discussion sur la question des semences transgéniques peuvent prendre des décisions sans débat public sur un sujet aussi majeur et contre la majorité de l'opinion si on en croit les sondages ?

Le deuxième enjeu est celui du type d'agriculture qu'entraine la main mise sur le marché des semences(*1) des grandes firmes capitalistes (*2) Les paysans sont rendus dépendants de l'achat annuel des semences: ceci a provoqué en Inde par exemple des suicides en masse de petits paysans cultivateurs de coton endettés jusqu'au cou. L'enjeu financier est énorme et explique l'agressivité d'une firme comme Monsanto envers ceux qui la critiquent (*3) Les altermondialistes et les écologistes défendent une agriculture paysanne de qualité et de proximité et refusent l'agriculture industrielle. Une question importante y est liée dans quel domaine l'effort de recherche agronomique doit être porté : les OGM ou d'autres études utiles à l'agriculture paysanne ?

Le troisième enjeu concerne la biodiversité. La main mise sur le marché des semences entraine une uniformisation des semences et des plantes et contribue ainsi à détruire la diversité qui est une richesse de la planète et un gage d'évolution dans le futur. De plus l'uniformisation rend les cultures plus vulnérables et moins capables d'adaptation (cela provoquerait des baisses de rendement spectaculaires du soja transgénique aux USA ou en Argentine)

Le quatrième enjeu est un enjeu de santé publique. Les seuls tests effectués dans le monde avant celui de l'équipe Séralini étaient commandés par les firmes, sur de courtes durées, sur un nombre de rats bien inférieur aux 200 de l'étude Séralini et sur 3 mois. De plus les résultats bruts de ces tests au nom du secret de fabrication n'étaient pas rendus publics. L’innocuité pour la santé de manipulations de la chaine ADN est sujet à doutes sérieux alors même que l'on ne connait pas le rôle de l'ensemble de l'ADN, notamment des zones d'ombre de cette chaîne appelées ADN poubelle, que l'on maîtrise très mal les interactions entre ADn et ARN,...  L'étude du professeur Séralini ne fait que renforcer ses doutes.

Alors oui le principe de précaution implique de suspendre la diffusion d'OGM dans les champs immédiatement.

En conclusion rappelons que dans le Monde plus d'un milliard de personnes souffrent de la famine, que le prix des céréales est en train de grimper de manière très inquiétante et que cela ne fera que renforcer la crise alimentaire en 2013. La FAO, organisation de l'ONU pour l'alimentation, indique que les productions agricoles sont tout à fait suffisantes pour nourrir l'humanité mais que cela implique d'autres distributions, d'autres agricultures. Il est urgent d'agir ! Combattre Monsanto et sortir les grands trusts agroalimentaires de l'agriculture, sortir l'agriculture de l'OMC, réformer la PAC, favoriser les circuits courts type AMAP, développer l'agriculture biologique voilà des objectifs et pistes d'action !
Mais de grâce ne commentez pas l'étude de Gilles Eric Séralini, première étude indépendante des firmes agroalimentaires en renforçant les doutes sur son sérieux pour le plus grand plaisir de Monsanto !


*1 -

la main mise sur le marché des semences existait avant les OGM. Mais les OGM tendent à renforcer cette main mise notamment parce que le marquage biologique due à la transgenèse d'un bout de chaîne ADN permet de repérer les semences d'une firme donnée.  Ce qui fait qu'en vendant les semences les firmes ne donnent le droit à une utilisation annuelle mais sans le droit de replanter les graines. Les paysans doivent donc chaque année racheter les semences et Monsanto envoie dans les champs des inspecteurs pour vérifier cette utilisation.
*2 -
il est intéressant de remarquer que plusieurs de ces firmes proviennent de l'industrie chimique telles Pioner ou Monsanto, qui a créé l'agent orange défoliant qui a ravagé le Vietnam et le round-up dont la nocivité est aujourd'hui reconnue.
*3-
lire le livre de Marie Monique Robin : "le monde selon Monsanto" et voir le film du même nom ou rendez vous sur le site www.combat-monsanto.org (site de l'association du même nom dont fait partie Attac)




Publié dans refus des OGM

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