OGM/ Crise aiguë à Bruxelles

Publié le par VIGILANCE OGM 33

dimanche 23 septembre 2012
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Par Guillaume Malaurie

Le dialogue a tourné court entre la directrice de l’Efsa, l’autorité de sécurité alimentaire européenne et Gilles-Eric Seralini, l’auteur de l’étude sur le maïs OGM NK603.

Auditionnée par une poignée de parlementaires européens à Bruxelles en présence de Gilles-Eric Séralini, auteur de l’étude choc sur le maïs NK 603, la directrice de l’Efsa (Autorité de sécurité alimentaire européenne) Catherine Geslain-Lanéelle a certes confirmé que son agence procéderait bien à l’expertise de l’étude. Mais en gardant les mêmes experts qui avaient par le passé donné leur feu vert à ce même maïs NK 603.

Gilles-Eric Séralini a réagi vivement : "Pas question que ceux qui ont autorisé le NK 603 réalisent la contre-expertise de nos données. Il y aurait un conflit d’intérêt avec leur autorité et leur carrière". D’autant, ajoute le Dr Joël Spiroux, co-auteur de l’étude, que les conflits d’intérêt étaient alors nombreux au sein de l’Efsa et à l’intérieur du "Panel OGM". Résumé : Gilles-Eric Séralini est d’accord pour une expertise de l’Efsa à condition que les experts soient renouvelés de telle manière que ceux-ci ne soient conduits à devoir se contredire. La directrice de l’Efsa ne l’entend pas de cette oreille. Elle refuse le renouvellement de ses experts. Sa positon, c’est "Je maintiens. Tout".

Vidéo - Les commentaires de la directrice de l’Efsa à la sortie de son audition 
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Blocage total à Bruxelles

Corinne Lepage, député européenne et en charge de la Commission de l’environnement au Parlement de Strasbourg, est très remontée. D’autant plus qu’elle s’est vue opposer un autre refus clair et net sur sa proposition de voir mener par l’Efsa des études comparables à celle de Séralini : c’est-à-dire sur des rats pendant toute leur vie. "Catherine Geslain-Lanéelle m’a répondu, confie Corinne Lepage, que les études sur trois mois ou au cas par cas étaient suffisantes. C’est inadmissible ! On recommence à tourner en rond !" Le blocage est donc total car pour mener à bien son expertise, l’Efsa a besoin que Gilles-Eric Séralini lui communique les données brutes de son étude. À tout prendre, il dit préférer une "expertise internationale" pour lever toutes les suspicions.

L’Anses en arbitre

L’intransigeance de la Directrice de l’Efsa illustre la position extrêmement délicate de Bruxelles. Entre le principe de précaution qui régit le droit européen, les règles du commerce international et les pressions des États-Unis, le chemin est étroit. D’autant plus étroit que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a lui-même durci le ton en déclarant que "si le danger de l’OGM NK 603 était vérifié, la France défendrait au niveau européen son interdiction". En se fondant sur l’avis de l’Anses (Agence de sécurité alimentaire française). Sous-entendu, en zappant celui de l’Efsa…

Quand le "Nouvel Observateur" annonçait que suite à la publication de l’étude Séralini, la crise serait politique, scientifique et sanitaire, nous étions assez proche de la vérité. C’est désormais une crise franco-européenne qui se profile. Ce soir a lieu la première projection privée du film de Jean-Paul Jaud "Tous Cobayes ?", adaptée du livre de Gilles-Eric Séralini. Il ne faut pas être grand clerc pour prévoir que la tension va encore monter d’un cran.

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