MON 810, toxique ou pas toxique?

Publié le par VIGILANCE OGM 33

Il vaudrait mieux le savoir avant d'en autoriser la culture.

http://www.fne.asso.fr/fr/nos-dossiers/ogm/mon-810--impossible-de-conclure-a-son-innocuite.html

 

Le maïs MON 810, modifié génétiquement pour résister à la pyrale du maïs et à la sésamie fait l'objet depuis le 18 avril 2007, d'une demande de renouvellement de l'autorisation de mise en culture au niveau européen. Or, les données fournies dans le cadre de cette demande ne permettent pas aujourd'hui de conclure (au risque statistique prêt) à l'innocuité de ce maïs. Les quelques éléments chronologiques ci-dessous vous expliquent pourquoi.

• Dans son avis du 9 janvier 2008, le comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les OGM, chargé par l’État de donner un avis sur le maïs MON810 souligne, entre autres critiques, le caractère irrecevable des tests toxicologiques pratiqués.

• Sur cette base, le GIET et FNE ont saisi, le 3 juin 2008, la Commission Européenne (voir lettre), demandant, en termes plus techniques, si les données fournies par Monsanto pour l’évaluation du MON810 permettent d’avoir l’assurance raisonnable du fait que cet OGM n’est pas toxique, ce qui semble être le moins pour l’autorisation d’un aliment. Cette demande, transmise à l'Agence européenne de sécurité des aliments (AESA) par les services de la Direction Générale de l'Environnement de la Commission Européenne, n’a jamais reçu de réponse.

• le 6 mai 2009, la député européenne Monica Frassoni, a déposé une question écrite au parlement destinée à la Commission Européenne (voir question), sur le même sujet.

La député demande notamment :
«1) la Commission partage-t-elle l’opinion que, pour justifier une autorisation, les tests de toxicité doivent permettre de rejeter l’hypothèse de la toxicité d’un produit ?
2) la Commission peut-elle certifier que le maïs MON810 n’est pas toxique, au risque statistique normal près, c’est-à-dire en prenant comme hypothèse nulle Ho = le groupe témoin et le groupe essai sont différents, peut-on la rejeter, et à quels risques, pour chacun des paramètres étudiés ? Dans l’affirmative : est-ce que la Commission peut produire les calculs permettant cette affirmation ? »

Il s’agit là de questions précises, scientifiquement énoncées, correspondant au minimum qu’on puisse attendre d’une évaluation digne de ce nom.

• le 15 juin 2009, l’AESA a organisé des rencontres, avec, d’une part, des experts internationaux, et, d’autre part, quelques représentants d’associations : Friends of the Earth Europe, Greenpeace Europe, Gene Ethics et France Nature Environnement. Au cours de cette présentation, l’AESA a précisé comment devaient être faits les tests statistiques fournis pour l’évaluation des OGM (voir diapositive), soulignant ainsi elle-même, si on suit son propre avis, que les tests de toxicité fournis par Monsanto pour le MON810 ne sont pas scientifiquement valides.

• Le 22 juin 2009, Mme Chantal Jouanno, secrétaire d’État et de M. Jean-Louis Borloo,  Ministre de l’Écologie, saisissent à leur tour la Commission Européenne de ces mêmes questions (voir lettre).

• Dans sa réponse du 26 juin 2009 à la député Frassoni (voir lettre), la Commissaire européenne à la Santé, Androula Vassiliou, se contente de signaler qu’elle saisit à nouveau l’AESA, en s’abstenant de dire si elle estime normal d’écarter la toxicité d’un OGM avant de l’autoriser !

• La Commissaire européenne confirme la saisine de l'AESA dans sa réponse à Mme Jouanno et M. Borloo du 16 juillet 2009 (voir lettre).

• Le 27 octobre 2009, nous avons pris connaissance de la réponse envoyée par l'AESA à Mme Frassoni en août 2009. Dans celle-ci (voir extrait), l'AESA se contente de dire que les tests utilisés pour évaluer la toxicité du MON810 respectent les usages de la statistique. Elle ne répond donc pas à la question posée, si bien qu'aujourd'hui les tests pratiqués ne permettent pas de conclure, d'un point de vue statistique, sur la toxicité d'un maïs pourtant autorisé à la consommation humaine et animale.

• Saisi le 23 septembre 2009 sur l'avis relatif au renouvellement de l'autorisation de la culture du maïs MON810, formulé fin juin par l'Autorité européenne de la sécurité alimentaire (AESA), et qui concluait à l’absence de risques pour la santé et l’environnement, le Haut Conseil des Biotechnologies rend ses conclusions le 22 décembre 2009. Ces conclusions sont formées par l’avis du Comité Scientifique (voir extrait) et la recommandation du Comité Économique, Éthique et Social (voir extrait). L’avis scientifique met en exergue les profondes faiblesses scientifiques du dossier, dont, notamment, celles concernant les tests statistiques. La recommandation du Comité Économique s’interroge, quant à elle, sur les raisons pour lesquelles l’AESA, disposant des données brutes du pétitionnaire et ayant eu le temps nécessaire pour les traiter, n’a pas répondu à la question de savoir si les tests pouvaient ou non, scientifiquement, servir de base à son avis favorable concernant le renouvellement du MON810.

Comment l’AESA, plusieurs fois saisie de cette question, peut-elle, en pleine connaissance de cause, affirmer l’innocuité du MON810, alors même que les données scientifiques ne permettent pas une telle conclusion, la puissance des tests étant insuffisante (conclusion, donc, scientifiquement incorrecte) et que, dans le même temps, la même AESA souligne la nécessité de disposer de tests d’une puissance suffisante pour être scientifiquement recevables (contradiction dans les termes) ?

Il est clair que la Commission Européenne ne saurait accorder une autorisation à un OGM sans au moins pouvoir écarter, dans les conditions scientifiques habituelles, la toxicité de ce produit.

FNE demande, qu’en outre, une enquête soit diligentée, afin d’éclaircir les liens qui, manifestement, existent entre l’AESA et la firme Monsanto.

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