Les essais OGM sont une opération politique

Publié le par VIGILANCE OGM 33

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Viticulture

« Les essais OGM sont une opération politique »

Pour Guy Kastler, chargé de mission à Nature et Progrès, et coordinateur du réseau Semences paysannes, les essais de vignes génétiquement modifiées menés en milieu ouvert à Colmar ne peuvent pas être probants scientifiquement.

Selon vous, les essais de vignes transgéniques menés à Colmar n’ont pas d’intérêt scientifique ; pourquoi ?

L’expérimentation en milieu ouvert ne peut pas répondre à la question principale posée par les vignerons : une manipulation génétique de porte-greffe a-t-elle un impact sur le fruit et le vin ? Le travail mené à Colmar ne permet pas de répondre à cette question. Pour des raisons de sécurité [NDLR : à la demande de la filière viticole alsacienne], l’Inra a choisi d’empêcher la floraison et donc la fructification. Si vous supprimez le fruit, c’est comme si vous empêchiez un enfant d’atteindre l’adolescence. Vous ne pouvez pas obtenir de résultats scientifiques probants.

Selon vous, quel est le but visé par l’Inra ?

Il fallait faire cette expérimentation pour tester la capacité d’un corps social à accepter des cultures d’OGM en plein champ. Le comité de suivi n’a jamais été interrogé sur la pertinence du programme. Ces essais devaient répondre à la question : « Comment faire accepter aux gens ce qu’ils ne veulent pas ? » C’est une opération politique avant tout ! Je ne dis pas que les scientifiques avaient cela en tête. Je parle de la direction de l’Inra et des sociologues.

Comment jugez-vous l’action des faucheurs volontaires ?

Le choix du mode d’action des faucheurs leur appartient. Mais quand vous trouvez un gène breveté dans votre récolte de soja biologique et que cette récolte est déclassée, de même que l’ensemble de la récolte de la coopérative et que l’acheteur danois fait faillite, il y a infraction, non ? Quand un gène qui, en l’occurrence appartient à Monsanto, pénètre dans votre champ qui est une propriété privée et que vous subissez une perte, est-ce légal ? Si vous chiffrez les pertes engendrées par les OGM, c’est faramineux et il n’y a pas de dommages des victimes.

Quelles sont les alternatives pour contrer la maladie du court noué ?

Deux moyens existent. Il faut d’abord choisir des plants sains ; les politiques publiques vont d’ailleurs dans ce sens. On sait que le nématode peut survivre pendant quelques années dans une terre contaminée. La rotation des cultures permet de reposer la terre.

Économiquement, est-ce acceptable par tous ?

L’Union européenne dépense des sommes folles pour inciter à l’arrachage de vignes ou en opération de distillation parce qu’il y a surproduction. C’est ça le problème principal de la viticulture. Aider les vignerons à laisser reposer leur terre coûterait bien moins cher que la recherche d’un OGM destiné à augmenter les productions. De plus, le court noué est un facteur de régulation des rendements. Lorsqu’on travaille avec des rendements bas, on améliore la qualité du vin et on vit très bien avec le court noué.

Recueilli par J. D. K.

Y ALLER Conférence sur « La lutte contre le court noué » par Guy Kastler et « Les OGM sont-ils une solution ? » lundi 7 février à 20 h, au Badhus à Kaysersberg.


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