L'INRA souhaite officiellement la disparition du Bio!

Publié le par VIGILANCE OGM 33

L’article reprend un message adressé ce début novembre à tous les agents de l’Etablissement, qui alerte sur le contenu d’un rapport rendu public par l’Institut à la mi-octobre, et interpelle la Direction à la veille du colloque de Tours (13 et 14 novembre) consacré aux recherches menées par l’INRA sur l’agriculture biologique.

Face aux critiques formulées lors de ces journées, la Direction s’est engagée à réfléchir à la question pour voir sur quels points approfondir l’analyse et comment ... Ce qui ne l’engage pas à grand chose ... D’où l’intérêt de s’informer sur ce rapport et ses recommandations !

(chapeau actualisé le 21 novembre)

En juillet 2012 l’INRA a remporté un appel d’offre du Commissariat général à la stratégie et à la prospective (à l’époque Centre d’Analyse Stratégique et successeur du Commissariat Général du Plan) qui coordonne les réflexions pour le Premier ministre. La demande était de déterminer les possibilités d’évolution de l’agriculture française vers des systèmes de production agricole plus durables, en analysant les marges de progrès offertes par, d’une part, les systèmes de production dits « biologiques » et, d’autre part, les systèmes de production dits « conventionnels », au travers de deux questions :

- comment rendre l’agriculture biologique plus productive et plus compétitive ?

- comment organiser la transition de l’agriculture conventionnelle vers une agriculture plus durable ?

L’étude, « Vers des agricultures à hautes performances », qui a été présentée publiquement le 14 octobre, est organisée en quatre volumes et deux synthèses.

SUD s’est particulièrement intéressé au volume 1, « Analyse des performances de l’agriculture biologique » . Ce document de 368 pages et sa synthèse de 36 pages suscitent perplexité et malaise.

Dès l’introduction et alors qu’il existe des travaux de recherche, des connaissances en interne à l’INRA et un document de référence (Livre blanc « L’agriculture biologique et l’INRA, vers un programme de recherche » de S. Bellon, Y. Gautronneau, G. Riba, I. Savini et B. Sylvander en 2000), on découvre que l’INRA est allé choisir pour dresser un historique de l’AB deux auteurs connus pour leur hostilité vis-à-vis de l’AB, l’un (trois citations dans l’introduction générale), G.-R. Wekstein a publié un pamphlet anti-bio « Bio fausses promesses et vrai marketing », et l’autre (quatre citations) B. Le Buannec a coordonné un ouvrage cosigné par d’autres membres de l’Académie d’agriculture dont le titre est « Le tout bio est-il possible ? ». Dans cet ouvrage, les lecteurs apprendront qu’en cas d’accident nucléaire les animaux élevés en milieu confiné sont bien mieux protégés que ceux qui ont des parcours en plein air et que les nitrates seraient des facteurs probables de prolifération d’algues vertes dans les baies et estuaires. Comment ces deux livres, dont les références ne sont même pas citées dans le rapport, se retrouvent-ils dans une étude scientifique ? Est-ce de l’ignorance ou de la provocation ?

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Publié dans paroles de chercheurs

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