Semences irradiées, les nouveaux OGM

Publié le par VIGILANCE OGM 33

1 - Les semences mutantes irradiées, nouvelles Stars du Salon de l’agriculture ?

Paris, le 27 février 2009 

 

Le Salon international de l’agriculture qui ferme ses portes dimanche devrait être l’occasion de mettre en valeur les savoirs paysans et de promouvoir une agriculture respectueuse de la nature et de l’être humain. Ce n’est pourtant pas le cas. Après les OGM, les plantes modifiées par irradiation envahissent nos assiettes… Cela, sans que le consommateur en soit informé ni que des études soient menées pour écarter tout risque pour la santé et l’environnement. 

Jean-Luc Poulain, président du Salon international de l’agriculture, s’enthousiasme : « les agriculteurs ont intégré dans leur processus de production des nouvelles technologies » pour « produire aujourd’hui, nourrir demain, respecter toujours ! ». Parmi elles, entre autres, la « mutation induite » issue de la recherche nucléaire qui, après les dégâts déjà perpétrés en termes d’énergie et de conflits armés, s’attaque maintenant à la sécurité alimentaire. Ainsi, selon un document interne de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), cette technique « sûre, éprouvée et rentable » pourrait « aider à vaincre la faim dans le monde » (1). 

Mais de quoi s’agit-il ? En pratique, les scientifiques se servent d’agents mutagènes – par exemple les bombardements au cobalt, les rayons gamma ou des substances chimiques – pour « améliorer »les semences. Selon ses promoteurs, la mutation induite ne ferait qu’accélérer le processus naturel de modifications spontanées qui surviennent au sein des plantes au fil des millénaires de leur coévolution avec leur environnement, et ne créerait donc en rien des organismes génétiquement modifiés... Ni vu ni connu, ce sont aujourd’hui près de 3 000 variétés de 170 espèces différentes – riz, blé, orge, manioc, bananes, etc. – qui sont concernées par cette technique de sélection (1). Avec un retour sur investissement potentiellement énorme, de 60 milliards d’euros pour 60 millions investis par exemple pour le Japon entre 1959 et 2001(1). 

Pour Marie-Christine Gamberini, référente sur l’énergie et le nucléaire aux Amis de la Terre, « c’est bien cette violence de l’intervention sur le génome des plantes, hors du contexte naturel, qui est intolérable et irresponsable ! La mutation artificielle de l’ADN par radioactivité est une technique ancienne, mais les progrès en matière de séquençage des gènes en rendent désormais les produits brevetables et industrialisables. » L’association insiste sur l’absence totale de maîtrise des effets non intentionnels, le caractère aléatoire de la technique et l’imprévisibilité des recombinaisons génétiques, avec de possibles effets délétères sur l’humain. Pour Hélène Gassie, référente sur l’agriculture, « ce travail conjoint de l’AIEA avec la FAO pour créer des plantes mutantes œuvre à l’éternel projet de mise en coupe réglée des paysans de la planète et à l’asservissement par l’arme alimentaire. Les manipulations et l’appropriation du vivant, conçu comme une matière inerte et lucrative, n’ont plus de limites. »   

Les Amis de la Terre rappellent que tous les paysans de la planète disposent de semences adaptées à leur terroir, qui n’ont pas besoin d’engrais chimiques et qui résistent aux changements grâce à leur biodiversité intrinsèque. La priorité est de garantir à ces paysans l’accès à la terre et à l’eau et le droit de préserver et d’échanger leurs semences pour vivre dignement. C’est le seul vrai moyen d’éradiquer la faim dans le monde. Un vœu bien éloigné des considérations hégémoniques de l’AIEA soutenue par la FAO.

Contact presse : Caroline Prak – Les Amis de la Terre / Tél. : 01 48 51 18 96 – 06 86 41 53 43

 

Notes :

(1) Voir AIEA :« La science nucléaire au service de la sécurité alimentaire. L’AIEA dit que la technique de sélection des plantes peut aider à vaincre la faim dans le monde » http://www.iaea.org/NewsCenter/PressReleases/2008/prn200820_fr.pdf

Autres sources :

Inf’ogm, septembre 2005 « Des plantes mutantes dans nos assiettes » http://www.infogm.org/spip.php?article2406

GOV/INF/2008/12-GC(52)INF/10-18 septembre 2008. Contribution de la Division mixte FAO/AIEA à l’alimentation et à l’agriculture. Rapport du Directeur général http://www.iaea.org/About/Policy/GC/GC52/GC52InfDocuments/French/gc52inf-10_fr.pdf

 

 

2 -Biblio :
"Aliments irradiés. atome, malbouffe et mondialisation" (1)
Collectif Français contre l’Irradiation des Aliments
aux éditions Golias, 2008. 

 

(1) Procédé de conservation des aliments méconnu par les consommateurs
et dont l'usage ne cesse de se répandre à travers le monde de façon insidieuse. Un
outil au service de la mondialisation des échanges sous couvert de sécurité sanitaire, tel est
le discours de toutes les institutions nationales et internationales… Le livre du Collectif a
pour objectif d’informer les consommateurs des enjeux économiques, sanitaires et sociaux
qui se cachent derrière le développement de cette technologie.

Ouvrage coordonné par le Collectif français contre l’irradiation des aliments
Avec les contributions de Geneviève Azam, Jean-Pierre Berlan, Roland Desbordes,
François Dufour, Yann Fiévet, Thierry Folliard, Véronique Gallais, Wenonah Hauter,
Christian Jacquiau, Guy Kastler, Paul Lannoye, Lylian Le Goff, Catherine Le Rohellec,
Olivier Louchard, Gilles Maréchal, Yveline Nicolas, Christian Rémésy, Aurélie Trouvé,
François Veillerette.

* Les membres du Collectif Français contre l’Irradiation des Aliments Action Consommation - Adéquations - Agir Pour l’Environnement - Les Amis de la Terre
- Association Léo Lagrange pour la
Défense des Consommateurs - Association pour l’Information sur la Dénaturation des Aliments et de la Santé (AIDAS) - ATTAC
- Biocoop - Collectifs Bure-Stop - Confédération Paysanne - CRiiRAD - Ecoforum - Ekwo - Fédération Nature et Progrès - Food
and Water Watch Europe - Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) - RECit (Réseau des
écoles de citoyens) - Réseau « Sortir du nucléaire ». Collectif français contre l’irradiation des aliments

Présentation de l’ouvrage :
L’irradiation des aliments est officiellement une technologie idéale au service de la sécurité
sanitaire mondiale permettant d’éliminer des pathogènes responsables de millions
d’infections d’origine alimentaire. Elle est souvent présentée comme une alternative
bienvenue à l’usage d’autres dispositifs comme les produits chimiques (devenus interdits ou
impopulaires parce que toxiques). C’est cependant - et surtout - une technologie multi
usages (conservation, décontamination, ralentissement du mûrissement, inhibition de la
germination) servant à merveille les intérêts de multinationales, répondant à des normes de
gestion du risque calibrées pour la production et la commercialisation industrielle de masse à l’échelle mondiale. C’est ainsi un outil de domination économique stratégique.
Après la vache folle, à côté des pesticides et des OGM, l’irradiation des aliments…
Dans cet ouvrage collectif, des scientifiques, écologistes, économistes, syndicalistes et
consommateurs apportent leur regard sur l'irradiation des aliments et le contexte dans lequel son usage se répand. C’est en réalité un instrument méconnu - mais emblématique - de la mondialisation des échanges agro-alimentaires, sous influence pro nucléaire. C’est une technologie en plein développement au niveau mondial, encouragée par les institutions internationales et certains États malgré des conséquences sanitaires,
environnementales et socio-économiques non négligeables.
Les risques pour la santé qu’elle induit et les conséquences socio-économiques et
environnementales de sa prolifération ne sont pas anodins : perte de vitamines, risques de
perturbations génétiques et d’apparition de tumeurs cancéreuses ; conséquences pour
l’emploi et l’économie locale par la délocalisation des productions ; risques liés au
fonctionnement d’installations et au transport de matières nucléaires, aux modes de
production et de distribution industriels de masse (pollutions, changement climatique, atteinte aux milieux naturels et à la biodiversité).
Si nos institutions – mondiales, européennes et nationales – taisent ces enjeux sous couvert de « sécurité sanitaire » et de satisfaction de la demande des consommateurs, il revient aux citoyens de s’informer et d’agir…

Collectif Français contre l’Irradiation des Aliments
40, rue de Malte 75 011 Paris, tel : +33(0)1 48 05 86 81
www.irradiation-aliments.org -
info@irradiation-aliments.org

Collectif français contre l’irradiation des aliments

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