La culture de la luzerne menacée par Bruxelles !

Publié le par VIGILANCE OGM 33

Mais qu'est ce q'on leur a fait à tous ces technocrates qui s'autorisent des trucs , comme aurait dit Coluche, pour mériter tant de haine et de mépris?


Contrairement à d'autres cultures, la luzerne n'a pas besoin d'engrais azotés, en particulier les fameux nitrates qui polluent les nappes et les cours d'eau.
Cette plante riche en protéines, aux vertus écologiques indéniables, est indispensable à la mise en œuvre du «Grenelle de l'environnement».

La luzerne va-t-elle disparaître des campagnes françaises et européennes ? La proposition de la Commission de Bruxelles visant à remettre en question l'aide à la production dont bénéficient les agriculteurs, via les entreprises de déshydratation qui transforment la plante en granulés destinés au bétail, suscite une vive émotion y compris de la part d'associations de protection de la nature, comme le WWF ou la Ligue pour la protection des oiseaux.

C'est que cette légumineuse riche en protéines - dont l'Europe, obligée d'importer du soja, est déficitaire à 75 % - a aussi des vertus écologiques indéniables. «La lu­zerne répond totalement au cahier des charges du “Grenelle de l'environnement”. Si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer», s'insurge Jean-Pol Verzeaux, le président de Coop de France Déshydratation. De fait, grâce à une bactérie (Rhizobium meliloti) qui colonise ses racines, la luzerne n'a pas besoin d'engrais azotés, en particulier les fameux nitrates qui finissent dans les nappes et les cours d'eau. Mieux, elle en fournit à la culture suivante, ce qui en fait une excellente «tête d'assolement», comme disent les agronomes.

Ainsi l'agriculture biologique, qui selon les objectifs du «Grenelle de l'environnement» doit représenter 20 % de la surface agricole en France en 2020, est inenvisageable sans une plante comme la luzerne. En outre, du fait de sa sobriété, cette culture ne peut que contribuer à réduire de moitié en dix ans l'usage des produits phytosanitaires, également prévue par le «Grenelle».

La luzerne, dont les racines descendent jusqu'à plusieurs mètres sous terre, est, en outre, la seule plante de grande culture recommandée par les agences de bassin pour protéger les zones de captage d'eau potable. «Que se passera-t-il si elle disparaît ?», s'inquiète Daniel Yon, administrateur de l'Agence Seine-Normandie en citant le cas de la Champagne qui abrite 80 % des surfaces françaises de luzerne déshydratée (85 000 ha au total) et dont «la nappe phréatique alimente Paris en eau potable».
Refuge de nombreuses espèces

Enfin, cette plante mellifère est une bénédiction pour les abeilles dont les populations sont mises à mal depuis quelques années. Implantée pendant quatre à cinq ans sur la même parcelle, elle sert également de refuge à de nombreuses autres espèces animales petites et grandes.

Quelle mouche a donc piqué la Commission européenne ? En fait, l'exécutif bruxellois veut tout simplement profiter du «bilan de santé» à mi-parcours de la politique agricole commune sur l'exercice 2006-2013 pour généraliser, dès 2010, le «découplage» des aides. Autrement dit, passer d'un système de soutien à la tonne produite à une dotation indifférenciée calculée en fonction du nombre d'hectares de l'exploitation. «Or, sans cette incitation à cultiver de la luzerne, les agriculteurs se tourneront vers des productions plus rentables comme les céréales ou les oléagineux», explique Jean-Pol Verzeaux qui s'attend à voir les surfaces chuter de 80 %.

Déjà, en 2003, la baisse de moitié du montant de l'aide à la production (passé de 66 à 33 € par tonne) avait entraîné une chute de 25 % des superficies. La filière demande donc le maintien jusqu'en 2013 du dispositif actuel, le temps que son plan d'économies d'énergie (la déshydratation consomme énormément) et la recherche de nouveaux débouchés lui permettent d'être compétitive vis-à-vis du soja américain ou brésilien.
«La France soutiendra cette demande», assure-t-on au ministère de l'Agriculture. D'autres pays producteurs de luzerne comme l'Espagne, l'Italie ou l'Autriche devraient lui emboîter le pas. Ré­ponse le 19 novembre, à l'issue du Conseil des ministres européens de l'Agriculture

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