Ces "détectives des champs" qui traquent le maïs OGM

Publié le par VIGILANCE OGM 33


samedi 11 aou, 06 h 19

VILLANDRAUT (AFP) - Une carte topographique et un test fourni par Greenpeace pour déceler le maïs OGM: les "détectives des champs" traquent cet été les parcelles transgéniques dans les campagnes du sud-ouest, comme dans le canton de Villandraut, en Gironde. if(window.yzq_d==null)window.yzq_d=new Object(); window.yzq_d['dYmIIdj8Ynk-']='&U=13boftlrm%2fN%3ddYmIIdj8Ynk-%2fC%3d608382.11127756.11824626.8687309%2fD%3dLREC%2fB%3d4825911';

La table de jardin a pris des allures de mini-laboratoire. Dominique, un apiculteur de 50 ans, membre de l'association Vigilance OGM 33, broie les feuilles qu'il vient de cueillir dans un champ de maïs avec Jean-Pierre, ingénieur de 40 ans membre du groupe local de Greenpeace.

Un test qui ressemble à un test de grossesse va leur permettre de savoir, en quelques minutes, si ces feuilles proviennent ou non d'un pied de Monsanto 810, le seul maïs transgénique autorisé à la commercialisation en France.

Un trait, c'est non. Deux traits, c'est oui... "C'est négatif, constate bientôt Dominique. C'est plutôt une bonne nouvelle, non?"

Moins bonne nouvelle pour les militants: ils vont devoir poursuivre leurs recherches dans un secteur où sont exploités 7,5 hectares de maïs transgénique selon le registre par cantons communiqué début juillet par le gouvernement.

Leur volonté est d'aller "au-delà" des informations contenues dans ce relevé officiel en localisant précisément les parcelles de maïs OGM pour alerter les voisins, qu'ils soient agriculteurs, apiculteurs ou simples citoyens.

"L'objectif, c'est la transparence et le droit à l'information", résume Magali Ringoot, chargée de campagne OGM à Greenpeace France.

L'ONG a distribué 2.000 tests en France pour la deuxième année de cette opération. Elle affirme vouloir "donner à monsieur et madame tout le monde les moyens de combattre la culture du secret" en fournissant ces kits vendus 5,50 euros pièce.

Encore faut-il savoir où chercher. En Gironde, près de 1.300 hectares de maïs OGM (sur les 20.000 de France) sont déclarés. Cela représente environ 4% des 33.000 hectares de maïs exploités dans le département en 2006 selon les chiffres de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM).

"Il y a deux façons de chercher: en aveugle, avec repérage sur carte IGN et quadrillage systématique des champs de maïs, ou d'après des indications d'agriculteurs ou d'apiculteurs", détaille Dominique.

Cette fois-ci, le "guide" des militants girondins est un berger local inquiet de savoir avec quel type de maïs il nourrit ses bêtes.

Sur ses indications, ils pénètrent dans un champ pour y prélever les échantillons, à 30 mètres au moins à l'intérieur de la parcelle: trois feuilles sur trois pieds différents, placées dans un sachet en plastique identifié.

Ces incursions dans les champs, présentées comme "non destructrices" par les militants, agacent fortement les agriculteurs. "Il s'agit d'une violation de propriété privée. Les agriculteurs vivent cela comme du harcèlement", affirme ainsi Cédric Poeydomenge, directeur adjoint de l'AGPM, qui dénonce "une opération de communication hors-la-loi" des anti-OGM.

M. Poeydomenge met aussi en doute les motivations de certains opposants au maïs transgénique: "Certains sont parfois détectives le vendredi et faucheurs le samedi...", ironise-t-il.

Si le gouvernement ne communique les surfaces OGM que par cantons, c'est pour éviter les fauchages, ajoute-t-il, rappelant que les agriculteurs sont néanmoins tenus de communiquer la localisation précise de leurs parcelles OGM aux autorités.

Des informations qui, selon les anti-OGM, devraient aussi être communiquées au grand public.

 

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