Bataille autour des semences transgéniques en Afrique

Publié le par VIGILANCE OGM 33

 

https://www.monde-diplomatique.fr/2017/09/CARAYOL/57869 par Rémi Carayol  

Inquiètes du développement des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans le monde, plusieurs associations accusent les grands semenciers d’« écocide », ou crime écologique. En avril 2017, elles ont symboliquement fait condamner le géant américain Monsanto sur ce fondement par un « tribunal citoyen » organisé à La Haye. En Afrique, l’affrontement entre les pro- et les anti-OGM ne fait que commencer. 


Ce fut une bonne surprise pour M. Paul Badoun, producteur de coton de la région de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso : voici à peine un an, un ami lui apprit qu’il n’aurait plus à cultiver le « satané coton Bt », que lui imposait depuis des années la Société burkinabé des fibres textiles (Sofitex). « Bt » signifie Bacillus thuringiensis : une bactérie qui permet de résister à certains insectes. Serrés sur un banc en haut du village de Konkolekan, M. Badoun et ses amis n’ont pas de mots assez durs contre ce coton génétiquement modifié : trop cher, il les contraignait à s’endetter ; il n’atteignait pas les rendements promis par la Sofitex ; il rendait malades les femmes qui le récoltaient et tuait les bêtes qui mangeaient ses feuilles. Le village, qui vit essentiellement du coton et de l’élevage, était pris à la gorge. Désormais, alors que le coton transgénique a — du moins pour le moment — disparu des champs burkinabés, « tout va mieux à Konkolekan, se réjouit M. Badoun. Le coton est plus lourd et le bétail est en bonne santé. On ne veut plus des OGM [organismes génétiquement modifiés]. Plus jamais ! »

Sept ans après avoir adopté le coton Bt de Monsanto, les trois compagnies qui dominent la filière burkinabé — la Sofitex, la Société cotonnière du Gourma (Socoma) et Faso Coton — ont décidé, à la mi-2016, d’en finir avec ce produit au rendement décevant et à la qualité médiocre. Sa part dans la production nationale est ainsi passée de 70 % à… rien. « Nous n’avons aucun regret, se réjouit M. Ali Compaoré, directeur de la Socoma. La récolte de la campagne 2016-2017, 100 % conventionnelle, a été très bonne. » Les producteurs burkinabés ont cueilli 683 000 tonnes de coton, contre 581 000 l’année précédente (+ 17,56 %), quand la moitié des semences étaient encore issues des laboratoires de Monsanto et de l’Institut de l’environnement et des recherches agricoles du Burkina Faso (Inera). Et le rendement moyen est passé de 885 kilogrammes par hectare (kg/ha) à 922 kg/ha (+&fourPerEmSpace;4 %). « La qualité de la fibre s’est fortement améliorée en termes de longueur », ajoute l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB), organe qui réunit l’ensemble des acteurs de la filière (1).  lire la suite

 

Publié dans refus des OGM, Monsanto, coton

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